Jean Moulin, artiste

Jean Moulin, Romanin et Max : préfet, artiste et résistant

Jean Moulin (1899-1943) alias Max, le fédérateur de la Résistance française... mais aussi alias Romanin artiste peintre.

Il faut savoir en effet que, dès son plus jeune âge, le futur préfet se passionna pour le dessin. Au lycée déjà il faisait des croquis et des caricatures de son entourage.

Pendant la Première Guerre mondiale, il réalise des dessins influencés par Poulbot. Très vite, en raison de ses fonctions officielles, il choisit un pseudonyme d’artiste, Romanin, du nom d’un château médiéval proche de Saint-Andiol où habite sa famille.

En juillet 1922, il expose à Chambéry au Salon de la Société savoisienne des Beaux-arts : des pastels, des croquis, des aquarelles et un dessin en noir à la plume.

A cette occasion, il rencontre Jean Saint-Paul qui l’introduit dans la vie artistique parisienne. Son passage en Savoie marque un changement dans sa peinture : ses œuvres se colorent, le format s’agrandit, il se lance dans la satire, il aborde de nouveaux thèmes, la vie mondaine, la bohème de Montparnasse, les coulisses de Pigalle…

En janvier 1930, il est nommé sous-préfet à Châteaulin (1930-1933) et il aménage un atelier dans sa salle à manger. Il produit alors de nombreux dessins humoristiques. C’est à ce moment qu’il se lie d’amitié avec le poète Max Jacob (dont il choisira le prénom « en Résistance »), qui l’initie aux courants artistiques les plus novateurs. Il fréquente de nombreux intellectuels, Charles Daniélou, Augustin Tuset et surtout Saint-Pol-Roux.

En 1943, il ouvrira même une galerie d'art à Nice pour couvrir ses activités clandestines.

On connaît bien sûr sa fin tragique après son arrestation à Calluire le 21 juin 1943, l’emprisonnement et la torture dans les geôles de Barbie à Lyon, la caricature de son bourreau sur la feuille tendue pour qu’il écrive un nom, sa mort enfin lors de son transfert en Allemagne, le 08 juillet 1943.

Il est certain que le véritable carnet intime, soigneusement codé, de Jean Moulin, ce sont ses dessins. Leur contenu et leur évolution en apprennent plus sur sa personnalité que la plupart de ses lettres.

R.I.P Max

source : wikipedia, memorial-charlesdegaulle.fr, ex-libris.over-blog.com